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Il n’est d’économique que d’hommes et d’idées
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Sommes-nous en train de passer d’un capitalisme managérial à un capitalisme entrepreneurial ? Au cours des vingt dernières années, nous avons assisté au triomphe, certes, du capitalisme et de l’économie de marché ; mais dans le même temps, force a été de constater l’impuissance croissante des grandes entreprises hiérarchisées dont ladite puissance reposait davantage sur la hiérarchie (le « management ») que sur l’esprit d’entreprise.
Parallèlement, dès le début des années 80, dans le Saint des Saints du capitalisme – à Harvard – la montée en compétitivité des petites entreprises, au travers de la création d’affaires dans tous les secteurs d’activité, contribuant ainsi à régénérer le tissu économique américain, gravement endommagé par la crise industrielle.
Depuis les années 70, la création et le développement des petites entreprises « entreprenantes » s’est généralisée. Avec l’avènement du capitalisme mondial, touchant aussi bien les anciens pays socialistes à économie planifiée que les pays en recherche de développement,
Dans les pays de vieilles économies de marché, les PME sont sommées littéralement de créer des emplois, quand les grandes firmes « managériales », c'est-à-dire supposées être administrées « scientifiquement », ne cessent d’en perdre. D’ailleurs, elles-mêmes se « reconfigurent », pour utiliser le jargon à la mode, et prétendent se gérer comme le feraient les petites entreprises « entrepreneuriales ».
Vive, donc, l’entrepreneuriat !
Tout d’abord, il y a bien un fait nouveau de société (surtout en France), puisque le mot n’est même pas répertorié dans les dictionnaires usuels. Et au fait, faut-il dire, à côté du franglais « entrepreneurs hip », « entreprenariat » ou « entrepreneuriat » ? La logique plaide pour ce dernier terme, voire » l’entreprenariat (docteur = doctorat, alors que, par exemple, partenariat vient de partenaire). Mais ces néologismes ne sont guère euphoniques… et les Québécois (et leur Conseil de la langue française) ont choisi l’expression « d’entrepreneuriat » : alors, va pour l’entrepreneuriat !
Quels sont les concepts, les problèmes, les fonctions économiques et sociales qui sont abordés au niveau de l’entrepreneuriat ?
On peut poser à ce niveau trois types de questions, voire trois champs de recherche principalement : l’esprit d’entreprise, la création d’entreprise, et enfin, l’entrepreneur lui-même.
1 – L’esprit d’entreprise
L’esprit d’entreprise peut être défini comme l’aptitude d’un individu, d’un groupe social, d’une communauté à : prendre des risques pour engager des capitaux afin d’investir, voire s’investir dans une sorte « d’aventure » (une « entreprise »).
Il s’agit d’apporter quelque chose de neuf, de créatif, à travers l’innovation et ceci en employant et en combinant de la façon la plus performante possible des ressources diverses de l’entreprise.
En effet, un ou quelques individus investissent des capitaux dans une affaire, et acceptent un certain risque, lié, souvent, au caractère innovant de l’entreprise, en proposant des produits sur le marché, afin d’en retirer un profit, qui rémunérera les capitaux investis.
Mais cet esprit d’entreprise peut se retrouver dans bien des organisations : un chef de clinique, un directeur d’équipe de recherche, un responsable d’association, etc.,
Sachant que la proportion de risque personnel, d’innovation et d’organisation est très variable selon les cas. De même, on peut observer l’esprit d’entreprise dans tous les pays et systèmes économiques, quel que soit la région ou la période de l’histoire.
2 – La création d’entreprise
La conséquence logique de l’esprit d’entreprise suscite la création d’entreprise.
Entre 1925 et 1975, le développement du capitalisme s’est largement appuyé sur le mythe de la grande entreprise hiérarchisée, qui bénéficiait des avantages liés à la grande dimension (les « économies d’échelle »), et à la diversification des activités (les « économies d’envergure »).
La crise des années 1975 a conduit à renverser petit à petit la proposition, pour remettre au premier plan l’importance de la création d’entreprises.
Cette position correspondait à la nécessité de trouver de nouveaux emplois et répondre aux besoins de marché de travail, essentiellement dans les services, pour remplacer les emplois disparus (dans l’agriculture et dans l’industrie). Mais aussi pour répondre à des technologies nouvelles et des besoins nouveaux.
D’où l’apparition des politiques industrielles, pratiquement dans tous les pays du monde, axées sur la promotion d’entreprises nouvelles ou de petites tailles, à l’aide d’incitation financière et fiscales et de soutiens matériels et technologiques.
3 – L’entrepreneur
L’entrepreneur est le personnage le plus curieux de l’analyse économique et de gestion.
Considéré comme central par ces disciplines, il a été peu étudié, au point qu’un économiste a pu dire que « le personnage principal de la pièce – du drame … - n’y apparaît jamais ».
L’entrepreneur, a trois caractéristiques :
• Il apporte des capitaux,
• Il organisé une entreprise,
• Il innove.
Ce sont trois compétences distinctes, et il est rare qu’on les retrouve dans une seule personne : il y aura des capitalistes, des manageurs, des créateurs.
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